Fanatique du champagne, célèbre écrivaine, mémoire
infaillible, une Belge au Japon, qui suis je ? Je suis, je suis, je suis… Je
suis Amélie Nothomb ! Amélie Nothomb est une femme excentrique à l’imagination
débordante ayant écrit un grand nombre d’oeuvres littéraires ! De tous ces
ouvrages se dégage une fièvre terrible qui accable le lecteur : soit on adore,
soit on déteste (croyez moi, ça vaut le coup de tenter, vous avez une chance
sur deux) ! Attention, si vous décidez de poursuivre la lecture de cette critique
et de lire l’ouvrage que nous vous conseillons, vous risquerez de commander
toutes ses oeuvres avant la fin du weekend prochain chez votre libraire ! Nous
n’en serions pas responsables !
En l’occurence, c’est de son ouvrage Mercure
que l’on vous parle ici ! Livre assez spécial où Amélie Nothomb nous embarque
dans une étrange histoire d’amour, partagée entre la passion et la perversion
(rien à voir avec Cinquante Nuances de Grey hein). Au large d’une petite ville
de Basse Normandie nommée Cherbourg se trouve une île (en réalité, c’est plutôt
un gros cailloux avec un phare dessus que réellement une île, mais bon,
passons). C’est un endroit froid, sombre et désolidarisé du reste du monde. Sur
cet îlot éloigné de tout, à l’abri des regards, vivent Hazel (une jeune fille
pas très heureuse), le Capitaine (un vieux monsieur mystérieux) et leurs
serviteurs. Tandis que personne ne devait jamais s’introduire dans leur vie
bien cachée, Hazel va tomber malade, poussant alors le Capitaine à appeler une
infirmière qui vient du continent, c’est à dire de l'extérieur : Françoise. Cet
élément perturbateur va venir remuer de vieilles histoires car, comme le dit si
bien Amélie Nothomb : « Pour habiter cette île, il faut avoir quelque chose à
cacher. » De nombreux mystères persistent et régissent leurs vies de façon
inexplicable : Que diriez vous si vous étiez obligé de vivre enfermé avec un
vieux monsieur que vous ne connaissez pas ? Que diriez vous si vous découvriez
une maison où il n’existe aucun reflet ? Les vitres, les miroirs, l’eau, le
métal bref, il n’y a rien qui puisse laisser échapper la moindre petite image.
Ou encore, que diriez vous si vous ne pouviez plus voir votre visage jusqu’à la
fin de votre vie ? Que d’intrigues et de suspens pour cette infirmière qui,
comme le lecteur, se trouve plongée dans un endroit lugubre, où personne ne
semble vouloir lui parler de ce qu’il se passe ici et où les secrets semblent
être partout. En bref ? Cet ouvrage de 200 pages, accessible à tous types de
lecteurs, est terriblement addictif. L’ambiance est lumineusement obscure, les
personnages riches de caractère et les dialogues, cinglants. Très vite, on se
laisse emporter par ces questions sans réponses qui forment une histoire
tordue, et en même temps, très jouissive (c’est bien le problème, on aime
toujours ce qui est compliqué). De façon plus large, l’ouvrage porte sur les
relations humaines et notamment sur un type de relation amoureuse assez
autodestructeur. On se sent mal à l’aise et on s’interroge, l’auteur amène, par
une situation précise, des réflexions que l’on a pas l’habitude de rencontrer
dans nos vies. Mercure, entre sombre polar et « romantisme morbide » est donc
un livre à dévorer en cette période d’Halloween ! Il n’y a qu’une seule
question que l’on peut encore se poser : d’où lui vient l’inspiration pour de
telles histoires ?
Arthur NOWICKI
« Bizarre pour un terroriste, hein ? »